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un regard sur la science

Publié le mercredi 2 octobre 2002



Mercredi 2 octobre 2002

Le fleuve de la discorde

L'Euphrate, long de 2 700 km, prend naissance au nord du lac de Van, aux confins de l'Arménie, dessine une grande courbe en Turquie, puis s'enfonce légèrement dans le plateau syrien désertique, qu'il parcourt sur 650 km, où il ne reçoit, en rive gauche, que deux affluents (le Balikh et le Khabur). Puis c'est l'entrée dans la plaine mésopotamienne, parcourue sur 1 235 km en territoire irakien. Les eaux du fleuve n'ont cessé d'apporter la vie dans les terres du Croissant fertile, sans toutefois donner naissance à une maîtrise hydraulique comparable à celle de l'Égypte.(...)

PUBLIÉ PAR makalu | le 2002-10-02 09:07:38
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Mercredi 2 octobre 2002

Euphrate, le pays perdu


Photo: Hugues Fontaine, extrait de Euphrate, le pays perdu

La destruction des trésors archéologiques par la guerre m'a toujours terriblement attristé. Pas que je sois misanthrope... mais la disparition de l'irremplaçable marque l'imagination.

La guerre Iran-Irak, puis Koweit-Irak, puis la guerre du Liban avec lui-même... ont, sur ce plan, effacé bien des traces.

À cet égard, il faut dire également que les projets de construction de barrages hydro-électriques sur le Tigre et l'Euphrate ont été, et seront, au total, fort probablement encore plus destructeurs que ne le furent les guerres.

L'inondation de la vallée du Haut-Euphrate en Syrie, en 1999, par le barrage Tishrin est l'un de ces projets. Des milliers de tells (collines formées par l'accumulation de sédiments issus d'occupations humaines successives) disparurent ainsi à jamais.

J'ai vu l'Euphrate des villes mortes, l'Euphrate de la vie qui bat, mais aussi l'Euphrate étouffé par l'immensité artificielle du lac Assad. J'ai un amour fou pour le Proche-Orient, et chaque nouvelle visite me rend un peu plus amer.

D'autres barrages sont prévus sur l'Euphrate syrien. Les archéologues ont appris la leçon. Ils y courent maintenant, d'un tell à l'autre, tentant de devancer la vague sur ces terres qui furent le témoin des premiers balbutiements de la culture occidentale. De notre culture.

Ils courent et courent, les archéologues, tant et si bien d'ailleurs que la Syrie apparaît aujourd'hui au moins aussi importante sur le plan historique que la Mésopotamie, l'Irak actuelle.

Un témoignage.

PUBLIÉ PAR makalu | le 2002-10-02 08:21:51
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